Employée polyvalente de restauration dans une cafétéria d’autoroute.
Voilà l’intitulé de mon boulot depuis plus d’un an.
J’ai fait caissière, vendeuse, barmaid, serveuse et aussi un peu de plonge.
Il n’y a pas de honte à avoir, c’est un travail. Un travail qui se trouve à 3 kilomètres de la maison, 5 minutes maximum si on ne prends pas les deux feux rouges.
Les horaires sont très variables, et les jours sont tous égaux, pas de weekends, pas de vacances, pas de jours fériés, pas de bonus pour les heures supplémentaires ou les heures de nuits. Normal, c’est le domaine de la restauration.
Certes on a jamais plus de 6 jours à la suite, et il y a deux jours de repos minimum après 6 jours consécutifs. Lorsqu’on fait plusieurs soirs à la suite à finir aux environs de minuit, deux jours paraissent parfois court pour se réadapter à faire des horaires de journée.
Les tenues … C’est bien d’avoir des tenues, c’est comme les uniformes, ça évite d’avoir à réfléchir le matin sur quoi porter, avoir à assortir l’ensemble, se décider sur quelles chaussures mettre, talons ou pas. Mais de l’autre côté, quand c’est moche, que les couleurs sont moches et que la jupe te rends moche, et bien c’est moche. Avec en plus les cheveux obligatoirement attachés et l’interdiction de porter des bijoux, tu es magnifique !
Je suis jeune, je n’ai pas d’enfants, pas de problèmes de santé. Faire des horaires différents tous les jours, accepter des remplacements de dernière minute, devoir rester debout 7 heures d’affilés, je peux le faire.
D’un côté les CDI, employés qui sont là depuis un moment, complices, qui s’entendent plutôt bien entre eux. De l’autre les extras, ceux présents environ 15 jours par mois pour les réguliers, ou ne restent que quelques jours, juste de passage pour les autres, nombreux. Et toi au milieu, un an de présence, sur ton 2eme CDD se terminant bientôt, ni dans le clan des CDI ni inclue parmi les extras.
Les horaires, le salaire, les conditions, les différences, les clients, la fatigue, la tenue, les ordres (je pourrais ajouter “à la con” à la fin de chacun de ces mots) : je peux tolérer.
Me sentir humiliée et mal appréciée : je ne tolèrerais pas.